
J'ai toujours rêvé d'allaiter mon enfant pendant longtemps, et je ne me suis jamais inquiétée avec ça. Pour moi l'allaitement allait de soi, je ne me faisais aucun souci particulier. J'ai eu Yara par une matinée de soleil le 10 Octobre 1999, par accouchement normal, avec son père à mes côtés, et moins d'une demi heure après la naissance elle tétait.
J'avais beaucoup de lait et beaucoup de plaisir à allaiter. Pourtant quand elle a eu environ deux semaines j'ai eu une baisse de lait importante, due à la fatigue (je ne me reposais jamais !). Le problème a été facilement surmonté après quelques jours, malgré des tétées qui ont duré jusqu'à quatre heures d'affilée. Du repos et de la persévérance. Je croyais fermement que je pourrais allaiter Yara tant qu'elle le voudrait, et je n'ai pas cédé au biberon de complément.
Cela a eu l'avantage de me mettre en contact avec MAM. J'ai assisté à ma première réunion quand Yara avait un mois, et là j'ai découvert que l'eczéma dont souffrait ma petite était peut être dû aux laitages que je consommais. Je les ai arrêtés complètement, et en quelques jours l'eczéma a disparu. Depuis, je me suis rendue compte que je ne pouvais manger, même en petites quantités, aucun dérivé de lait de vache, chèvre ou brebis, ni des noix, ni du chocolat, ni de l'ananas, parce que cela lui fait apparaître le fameux eczéma. Étant végétarienne, la suppression de protéines dans mon alimentation a provoqué une nouvelle baisse de lait. Elle a été surmontée avec un peu de patience, une alimentation plus équilibrée, de la tisane galactogène et de nombreux appels téléphoniques à la consultante en lactation de MAM !
Les privations alimentaires sont plutôt contraignantes, mais cela fait tellement plaisir de voir mon bébé grandir pleine de santé grâce à mon lait ! Et puis je suis convaincue que les contraintes sont moindres comme ça que si je la passais au lait “maternisé” ou aux aliments solides. Et les avantages de l'allaitement sont indéniables… Maintenant Yara a quatre mois et je l'allaite toujours complètement. J'ai repris mon travail, pour l'instant a temps partiel, et quand je ne suis pas là son papa lui donne mon lait à la cuillère, si elle a faim. Nous espérons poursuivre l'allaitement comme ça longtemps encore. Cela est d'autant plus important pour nous que Yara est si fortement allergique.
Le contact avec MAM m'a été d'un grand secours. Cela m'a apporté des informations et un soutien qui je suis sûre m'ont été, et seront, indispensables pour la poursuite d'un allaitement prolongé. Mais mon principal appui dans cette entreprise est mon mari. Il m'aide à surmonter les phases difficiles, les doutes, l'opposition de l'entourage... Il participe énormément aux soins de la petite, et il a toujours été plus disponible que moi pour jouer avec elle. Ses rapports avec sa fille sont excellents et n'ont jamais dépendu du fait qu'il la nourrisse. Et pourtant, l'allaitement, c'est une relation très intime entre nous trois. Et c'est merveilleux !
E.T. – Il est peut-être intéressant que je vous dise l'origine du prénom de ma fille. Je suis brésilienne et nous cherchions un prénom qui sonne bien en portugais et en français. Yara, nom d'origine Tupi (des indiens brésiliens), veut dire “la Maîtresse des Eaux, la Beauté Tentatrice des Eaux, la Mère des Eaux”, mais peut aussi signifier “celle qui est au dessus, celle qui s'impose” ou “celle qui surmonte” !
Montpellier, le 09 Février 2000.
Rita Scheel-Ybert, Jean-Pierre Ybert, Yara Scheel Ybert
4 rue Massilian, 34000 Montpellier. France.
scheel-ybert@wanadoo.fr